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Capitale du royaume de "Lane Xang", cette cité royale est bâtie au
confluent du Mékong et de la rivière Nam Khane.Luang Prabang est à n'en
pas douter le site le plus visité du Laos, qui s'est ouvert au tourisme
seulement depuis 1975 et tente visiblement de rattraper son "retard" à
grands pas.

Style typique de la cité royale
Histoire
Au XIVème siècle, la ville portait
le nom de Muang Java. Son importance provenait de sa situation
géographique, puisqu'elle occupait une position centrale pour le
Bouddhisme de l'époque et se situait en même temps sur la route de la
soie.En 1353, le prince Fa Ngum élevé à Angkor, au Cambodge, unifia le
royaume de Lane Xang ("million d'éléphants") qui marqua l'apogée du
Laos.
Le roi Fa Ngum marié à la fille du roi khmer a reçu en cadeau de son
beau père, le bouddha d'or "Prabang" qui donna son nom à la capitale
royale: Luangprabang. Ce nouveau nom fut adopté en 1560, lorsqu'il fut
décidé de choisir pour capitale Vientiane, plus au Sud et donc plus
éloignée des dangereux Birmans. Les siècles suivants furent beaucoup
moins glorieux pour la ville, qui dut faire face à plusieurs crises
politiques puis à une domination Thaï et enfin à de nombreux pillages à
la fin du XIXème siècle, qui ne s'achevèrent qu'à l'arrivée des
Français en 1893. Ces derniers firent du Laos un protectorat jusqu'en
1953, date de l'indépendance du pays qui devint finalement République
Populaire du Laos en 1975. Le Roi Sisavang Vong entreprit de
reconstruire la ville dès la fin du XIXème siècle et lui rendit le
statut de capitale religieuse et royale, qu'elle garda jusqu'en 1946
lorsque Vientiane fut désignée comme capitale administrative.

Nam Khan, une rivière qui entoure une partie de Luang Prabang avant de se jeter dans le Mékong.
Architecture
Luang Prabang est une exemple frappant de la fusion harmonieuse de
l'architecture traditionnelle lao et des structures urbaines
construites par les autorités coloniales européennes aux XIXème et
XXème siècles. Il s'agit d'une imbrication et d'une cohabitation de
styles et de matériaux, qui évoluèrent pendant le XXème siècle pour
passer de constructions traditionnelles lao à un mélange d'influences
coloniales (française notamment). Son paysage urbain unique et
remarquablement bien conservé est une scène clé du mélange des deux
traditions culturelles. C'est pour ces raisons que cet ensemble
exceptionnel est classé au patrimoine culturel mondial de l'UNESCO en
1995, ce qui veut dire que pas une pierre ne peut être déplacée sans
l’accord d’un comité d’architectes. L’Unesco soutient aussi la
restauration de la ville (maisons, temples, rues). Pour plus de détail
sur le programme de l'UNESCO cliquer ici .
La ville
Les lieux de culte étant innombrables à Luang Prabang, les temples
bouddhistes sont des éléments incontournables de la ville, de son
histoire et de sa culture. J’ai marché dans le centre ville où se
succèdent les wats au milieu des palmiers : le Wat Xieng Thong
(construit en 1560 par le Roi Sethathirat, est considéré comme le plus
beau temple de la ville), le Wat Wisunalat, le Wat Visoun, le Wat Aham,
le Phu Si et d’autres Wats dont je ne me rappelle plus des noms.
Il y en a plus de 60 ! Seuls les temples sont construits en pierre
contrairement aux maisons originelles lao, souvent sur pilotis et en
bois. Toutefois nombre d'habitations présentent un style rappelant
celles des maisons traditionnelles, mais utilisant d'autres matériaux.
Il s'agit là d'une influence colonialiste, qui donna naissance à des
constructions dont les murs du rez-de-chaussée sont en pierres mais où
l'étage supérieur est fait de bois, de même que le balcon. A part çà,
il existe également des maisons d'allure clairement française.
Une ville en travaux permanents !
Les chantiers en cours sont très nombreux : restauration de ruelle en
brique, aménagement de système de drainage naturel et de sentiers en
macadam (peu à peu les rues en terre disparaissent). Et pour chacun de
ces chantiers un panneau explicatif décrit l'opération en cours, son
coût. L’UNESCO fait bien son travail !
Le boudhisme
Le
boudhisme est très présent dans cette cité plus qu'ailleurs avec ses
nombreux wats et bonzes. Partout où vous passer, vous risquez de
croiser un wat ou un bonze.La cérémonie de l’offrande aux moines
(takbad) à 6h du matin est quelque chose de très important pour les
fidèles qui n'hésitent pas à se lever très tôt pour faire leur
offrande. Ce rituel est devenue une « attraction» à Luang Prabang.
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Des
bus entiers déversent des touristes pour assister voire
participer au « spectacle». Les boudhistes peuvent louer les « sath »
pour s’asseoir et acheter du riz et des gâteaux aux habitants locaux
qui profitent de l'occasion pour faire vivre la famille ou simplement
faire des affaires. A l’heure adéquate, plus d'une centaine de moines
vêtues de tuniques jaunes/orange défilent dans les rues, devant vous
pour recevoir dons et offrandes des fidèles et des curieux. Bien sûr,
il est difficile de donner à tous les moines tellement ils sont
nombreux, les derniers bonzes n'auront droits qu’à du riz (khao niao)
qui peut être acheté sur place (50/70 baths, la grande boîte de riz).
C’est vraiment un rituel unique au Laos. Cela se passe tous les jours à Luang Prabang pour le plus grand bonheur des fidèles.

Les moines bouddhistes en quête, le matin.
Le tourisme en constante progression
Le tourisme dans le pays et plus encore dans cette ville a pris un
essor phénoménal : en vingt ans le nombre de guest-houses (auberges)
est passé d'une vingtaine à près de 250. Le prix est plutôt bon marché
pour un « falang » (15/20 euros pour la chambre de 4 lits), les prix ne
cessent de grimper et il est parfois difficile de trouver une chambre
disponible, si on ne réserve pas avant. Dans les guesthouse, la
tradition persiste : Il ne faut pas oublier de se déchausser à l’entrée
de l’auberge.
En fin d'après midi, le marché du soir prend place
dans l’allée centrale qui mène jusqu’au palais royal. Artisans et
vendeurs inondent les rues d'objets destinés aux touristes : t-shirts,
soies, tissus, sinhs (jupes) ou autres produits importés de
Thaïlande ou de Chine sont disponibles bien moins chers quà Vientiane
ou en Thaîlande.
Un constat semble évident : l'aseptisation de
Luang Prabang est un danger et il est à craindre que dans quelques
années la ville ressemblera de bien près à un parc d'attraction bien
propre, bien organisé et à la convenance des visiteurs.

Vue sur le palais royal et le night-market

Le night market de Luang Prabang
Les lieux A DECOUVRIR
Le palais royal
Construit en 1904, au début de la période coloniale française, le
palais était à l'origine la demeure du roi Sisavang Vong et de sa
famille. A la mort de celui-ci, en 1959, c'est son fils Sisavang
Vattana qui a hérité du trône. Le Pathet Lao prétend que la révolution
de 1975 a empêché qu'il ne soit véritablement couronné, les diplomates
étrangers contestent cette version. Quoi qu'il en soit, après avoir été
"conseiller suprême du président" pendant 2 ans, le prince héritier et
sa femme ont été envoyés en exil dans une grotte du nord du Laos, où
ils sont morts. Depuis le palais a été transformé en musée.
C’est
ici que se trouve le Bouddha d’or (Pra Bang), précieuse relique que
vénèrent les Lao. Le Laos est placé encore aujourd’hui sous sa
protection. Outre le Bouddha d’or, on peut admirer de très beaux
Bouddha des XV ème et XVI ème siècle, des tambours de bronze, des
défenses d’éléphants…

Wat à l'entrée du palais royal
Pra Bang
Le Pra Bang, qui a donné son nom à la ville, est une statue en bronze
représentant Bouddha en position debout, dans l'attitude 'Ham Nhat',
apaisant toute querelle. Elle pèse 43 kg et mesure 43 cm de haut. Fondu
à Ceylan au VII eme siècle, il parvint au Cambodge vers le XI eme
siècle. Le Pha Bang fut offert en 1358 par le souverain Khmer au prince
lao Fa Ngum, avant son départ du Cambodge pour reconquérir son royaume.
Il laisse alors le Pha Bang à Vieng Chan (Vientiane). Ce n'est qu'en
1489 que le roi Sam Sêm Thai fit venir le Pha Bang dans sa capitale où
il l'installa à Vat Nandron. Il profite de cette occasion pour changer
le nom de la ville, qui devint Muang Luang Phabang. Aujourd'hui on peut
voir sa copie au Palais Royal (Musée National) de Luang Phabang. Le
précieux original est, quand à lui, à l’abri dans les coffres de la
Banque Nationale.
Wat Xieng Thong
Le Wat Xieng
Thong, "Temple de la cité royale", est le plus beau temple de Luang
Prabang. Edifié en 1560 par le roi Setthathirat, il est demeuré sous
tutuelle royale jusqu'en 1975. La toiture du sim descend jusqu'au sol
(on retrouve cette architecture héritée de la période des royaumes du
Lan Xang et de Lanna dans le nord de la Thaïlande). La façade arrière
est ornée d'une impressionnante mosaïque représentant "l'arbre de la
vie" sur fond rouge. A l'est du sanctuaire se dressent plusieurs
chapelles et reliquaires renfermants des bouddhas d'époque.

Wat XienThong

Motif
Motif
Phousi
Le
Mont Phousi est la montagne sacrée de Luang Phrabang. Il présente
plusieurs temples sur ses flancs et à son sommet (altitude 100m) se
trouve le Vat Chamsi, Stupa de 20 m de haut. Le Phousi offre surtout un
superbe panorama sur Luang Prabang pour contempler le Mékong, la
rivière Nam Khan et le splendide paysage montagneux entouré de
palmiers qui entoure la ville. Mais pour cela il vous faut gravir
quelques 330 marches avant de jouir de ce spectacle.
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Les 330 marches à gravir !
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Vue sur le mékong et la ville
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Pak Ou
Les grottes de Pak Ou se trouvent à 25 Km de Luang Prabang à
l'embouchure du fleuve Nam Ou (confluent avec le Mékong). Depuis Luang
Prabang, il faut prendre une voiture jusqu’au village « Pak Ou » où on
peut acheter des produits artisanaux, du vin de riz et manger un bon
repas, en attendant le bateau pour vous amener aux grottes. Il s'agit
de 2 grottes creusées au pied de la falaise calcaire, dans lesquelles
sont déposés des bouddhas de styles et de tailles très variés
(essentiellement des bouddhas debout du style classique de Luang
Prabang). Par des escaliers vous pouvez atteindre la seconde grotte
Tham Phum, plus profonde.

Chutes de Kuang-Si
A 30 km au sud de Luang Phrabang. Ces belles chutes descendent en
cascades sur des fondations calcaires où elles ont creusé des petits
bassins couleur turquoise. On peut facilement pique-niquer et se
baignier sur le site. C’est une promenade à ne pas manquer.

Magnifiques chutes de Kuang Xi
A propos du voyage
Je
suis parti fin mars 2005, j’ai pris l’avion de Vientiane à Luang
Prabang. Le trajet dure moins d’une heure, contre 1 journée par bus et
2 jours par bateau le long du mékong. Un billet aller/retour
Vientiane/LuangPrabang coûte à peu près $120 avec Lao Airlines. Le
temps était compté, je suis resté une nuit dans un guesthouse.

L'avion à hélice sur lequel je suis monté
La
compagnie nationale dispose de 2 avions à hélices : Un ATR 72-200 de 70
places (Avion de Transport Regional) et un Modern Art 60 de 56 places.
Vu qu’il y a que 2 avions pour desservir les différentes villes lao, on
arrive à des situations assez cocasses :Les vols sont souvent retardés
en fonction de la météo, surtout en saison des pluies.Il peut arriver
d’attendre la prochaine tournée de l’avion pour pouvoir embarquer à
bord. Une fois dedans, une bouteille d’eau vous est servie (pas de
repas, pas de khao niao, ni de paderk). Il se peut aussi qu’il y ait
plus de places disponibles. Dans mon vol justement, un passager était
de trop, alors l’équipage l’a placé dans le cabine de pilotage ! Bref,
Il ne faut pas s'étonner de l'organisation très approximative,
l’aviation lao n’est pas encore très au point.
A noter que Luang Prabang est aussi desservie par :
- Thai Airways
- Vietnam Airlines
- Bangkok Airways
- PB Air
-ta-
Petit aperçu en video de Luang Prabang et de ses environs
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