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14-10-2008
Boun Ok PhanSa, Ok Vatsa : Sortie du Carême bouddhique

Aujourd’hui, mardi 14 octobre, à la pleine lune du onzième mois du calendrier laotien, les Laotiens et tous les bouddhistes du pays procèdent à une importante cérémonie appelée Boun Ok PhanSa, ou Ok Vatsa, ou encore Boun Pavorana. C’est la fête de sortie du carême, une des principales fêtes religieuses des Hid sipsong Khong sipsi, recueil des douze traditions et des quatorze coutumes de l’année.
Le mot vatsa vient du pâli Vassa, qui signifie «pluie». Il s’agit donc d’une cérémonie qui est célébrée ‘‘à la sortie des pluies’’, c’est-à-dire à la fin de la saison humide. Quant à Pavorana, c’est un autre terme pâli signifiant ‘‘consentir à l’avertissement’’.

Alors, une fois par an, le carême commence le jour de la pleine lune du huitième mois (17 juillet cette année) et s’achève le jour de la pleine lune du onzième mois (14 octobre). C’est vraiment une période de retraite de trois mois pour les bonzes qui se sont engagés à observer la triple obligation appelée Traisikkha, c’est-à-dire : Sin (morale), Samathi (méditation) et Phangna (connaissance).

Les laïcs, quant à eux se sont promis de pratiquer également trois obligations : Thane (charité), Sin et Phavana (méditation). Pour les Van Sin (8e et 14e jours de la lune décroissante ou 15e jour de la lune croissante), les laïcs se rendent à la pagode pour écouter les sermons et la lecture des textes sacrés puis pour réciter les cinq préceptes du Bouddha qu’ils vont également respecter. Pendant le carême, de nombreux jeunes rentrent dans les ordres monastiques bouddhiques qu’ils quitteront s’ils le désirent à la fin de celui-ci.
En fait, si des mauvaises paroles ou des actes que, consciemment ou non, les bonzes ont pu commettre à l’égard de leurs camarades pendant cette période d’abstinence de trois mois, le jour de la sortie du Carême, ceux-ci organisent–ils avant de se séparer une ‘‘Assemblée des bonzes’’ au cours de laquelle ils récitent la formule du Pavorana. Puis chaque bonze, après avoir prié ses camarades de lui dire ouvertement ce qu’il a fait de répréhensible au cours des trois mois passés en commun, et demandé de lui pardonner ses fautes, retourne ensuite dans sa pagode.

La cérémonie religieuse de cette journée de Ok PhanSa a lieu très tôt le matin dans le sanctuaire des pagodes où se rassemblent uniquement les bonzes. Les laïcs, pour accomplir le rite de Ok PhanSa, participent à la traditionnelle cérémonie du Tak Bat (offrandes aux bonzes) ; les fidèles déposent les offrandes dans les bols placés sur un plateau en fibres végétales tressées qu’ils apporteront ensuite aux bonzes et aux novices. Cette cérémonie s’appelle le Chang Hanh.
Puis le chef religieux du village récite les cinq préceptes aux bonzes vénérables et écoute leurs sermons. Enfin, les fidèles adressent des prières à leurs ancêtres en versant de l’eau par terre, goûte par goûte, ce qu’on appelle Yat Nam, en espérant ainsi que le génie de la terre Nang Thôlany transmettra cette offrande à leurs parents morts et que cela pourra les aider, sinon à atteindre le paradis, au moins à diminuer leurs peines en enfer.
Le soir, vers 19h, une procession aux chandelles est organisée dans toutes les pagodes. Après avoir tourné trois fois autour du sanctuaire en hommage à Bouddha, laïcs et religieux déposent des chandelles allumées et des fleurs sur un Heua Fay Khok (lampion terrestre) qui représente une pirogue faite de bambou. Ces lumignons sont placés dans la cour et autour des monuments de la pagode. Dans les villages, toutes les cours et devantures des maisons sont illuminées par ces embarcations flamboyantes.

Dans la soirée, des milliers de fidèles se rassemblent sur la rive du Mékong pour un lâcher de vaisseaux de tailles variées faits de tronc de bananier garnis de fleurs et d’encens et illuminés de bougies. Après une brève prière, ces embarcations sont confiées au fil de l’eau et dérivent au gré du courant. La signification de ce rite s’est perdue à travers le temps et on lui donne aujourd’hui des explications diverses. Pour certains, c’est un hommage aux fleuves et aux divinités qui l’habitent ; pour d’autres, il s’agit de se libérer de toutes formes de malheur et aussi de demander santé, prospérité et longévité ; ou encore, cette pratique est apparentée à un hommage à Bouddha ou aux ancêtres.
Demain étant la Boun Ok Phansa, sortie du carême donc, c’est le mercredi 15 octobre qu’aura lieu la Boun Souang Heua, ou la fête des eaux qui consiste en courses de pirogues sur le Mékong. Les festivités, comme chaque année, dureront toute la journée et une foule immense suivra les courses du bord du fleuve. La plupart des habitants vivant le long d’une rivière font des courses des pirogues. Source : KPL

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