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17-11-2007
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Portrait du Laos en 2007
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Les événements marquants depuis 2000


Alors que la presse laotienne est en lien direct avec le gouvernement et le Parti unique, certains affirmant même qu’elle en est un porte-parole, la presse internationale, pour sa part, ne parle que très rarement du Laos, ce qui lui donne souvent le surnom de « Pays oublié». Toutefois, à partir de mars 2000 jusqu’en janvier 2001, une mystérieuse campagne d’attentats à la bombe faisant une soixantaine de blessés a secoué le pays et a en quelque sorte invalidé ce surnom en faisant connaître le Laos dans la presse internationale. Bien que cette série d’explosions n’ait été revendiquée par personne, et qu’aucune accusation sérieuse n’ait été portée, il n’en demeure pas moins qu’elle témoigne d’un mécontentement évident chez une partie de la population. C’est d’ailleurs à ce moment que la situation politique du Laos est devenue instable. En juillet 2000, une attaque armée contre les services laotiens d’immigration et des douanes dans la région de Champassak, orchestrée par un groupe d’opposition au gouvernement laotien, cause la mort de six membres du groupe lors de l’offensive. Seize ressortissants laotiens sont finalement renvoyés dans leur pays d’origine depuis la Thaïlande. Leur état de santé et la manière dont ils sont traités par les autorités laotiennes suscitent dès lors de sérieuses inquiétudes. En 2003, une autre série d’attaques et d’attentats est perpétrée dans le pays, dont une en février qui cause la mort de 12 personnes (dont 2 Européens) lors de l’attaque d’un autobus au nord de Vientiane. Plusieurs autres attentats sont signalés au printemps 2004 à Savannakhet et à Vientiane, et les médias internationaux font état d’autres actions similaires faisant plusieurs morts dans ces deux villes en 2005.

Sur le plan économique, après trois années d’énorme instabilité, le Laos connaît un certain redressement en 2000, mais le pays demeure très fragile et largement dépendant de l’aide étrangère. En avril 2005, la Banque Mondiale approuve la construction du barrage Nam Theun II, un projet controversé de 1,2 milliards $US.26 Toutefois, un nombre considérable de spécialistes doutent de la viabilité économique de ce projet et des centaines de groupes internationaux s’y opposent en raison des nombreux risques, notamment sur le plan environnemental et économique, qu’encourt le pays. De plus, il semble que le projet aurait des impacts négatifs pour des centaines de milliers de villageois laotiens, qui se verraient dans l’obligation d’évacuer  leur village. Par ailleurs, la construction au début de 2006 d’un premier chemin de fer reliant Vientiane à la Thaïlande et l’inauguration du second «Pont de l’amitié» ouvert entre Savannakhet et Mukdahan sont pour leur part deux projets économiques forts mieux accueillis et plus positifs que celui du Nam Theun II.

En ce qui a trait aux relations internationales, la visite du Président chinois Jiang Zeming en novembre 2000, a démontré que le Laos cherchait à diversifier son dialogue politique et ses échanges économiques au niveau international. À cet égard, c’est finalement en novembre 2004 que le Laos est, pour la première fois, l’hôte du sommet de l’ASEAN. À la fin de cette même année, le pays obtient le statut de « Normal Trade Relations » avec les États-Unis. D’autre part, en juillet 2005, en marge d’un sommet réunissant les ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN à Vientiane, six pays ont annoncé la signature d’un accord international sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre : le partenariat Asie-Pacifique pour un développement propre et le climat.

Sur la question des minorités religieuses, également appelées minorités ethniques, le Laos a largement fait la manchette, et ce, de façon plutôt négative. En août 2003, lors de la procédure de réexamen du Laos, le rapporteur du comité de vérification de l’ONU lance un cri d’alarme sur la situation particulièrement alarmante des Hmongs : 20 000 d’entres eux vivent cachés dans la jungle.28  Les Hmongs souffrent d’une discrimination sociale et sont victimes d’une politique de déplacement systématique qui contribue à leur extinction. Cette répression, dont sont victimes les Hmongs en raison de leur collaboration militaire aux côtés des États-Unis lors de la seconde Guerre d’Indochine, n’a été mise en lumière qu’au cours des quatre dernières années.  En 2006, des centaines de Hmongs ont fui les persécutions des autorités laotiennes pour se réfugier en Thaïlande. Amnistie Internationale a largement décrié le renvoi de ces Hmongs, reconnus comme réfugiés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), par la Thaïlande. Selon l’organisme, ces hommes, femmes et enfants ont été reconnus comme des réfugiés par les Nations Unies et risquent d’être victimes de graves atteintes aux droits humains s’ils sont renvoyés au Laos.  De nombreuses protestations internationales ont également permis d’éviter l’expulsion de ces réfugiés.



 
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