| Portrait du Laos en 2007 |
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| 17-11-2007 | |||||||||
Page 1 sur 7 Voici un état des lieux très intéressant sur la situation actuelle au Laos au niveau de la population, de l'éducation, de la culture et de la politique. Ce texte a été écrit dans le cadre d’un cours d’anthropologie (*) de l’Asie du Sud-Est en 2007. C’est un travail d’équipe réalisé avec Cindy Lapierre et Mélina Martins et publié sur le blog du Québécois Vincent Gagnon-Lefebvre alias MaTo vivant entre Québec (Canada) et Sainyabouli (Laos).(*) L'anthropologie est une science humaine qui étudie l’être humain sous tous ses aspects (modèles et les codes sociaux, culturels, et physiques : anatomie, physiologie, pathologie, évolution). La démographieAvec une population d’environ 5,9 millions d’habitants établis sur un territoire avoisinant les 236 800 km², le Laos possède une densité de population de 25 habitants au km². Ce faible peuplement du territoire lao représente un véritable creux démographique, qui prend une signification accrue lorsque comparé à ses deux voisins plus largement peuplés que sont la Thaïlande et le Vietnam. Toutefois, «la faible densité de ce peuplement est inversement proportionnelle à sa complexité, au moins équivalente sinon supérieure à celle de ces pays voisins.» Ayant été modifiée en 1981, puis réajustée en 2000 par les autorités lao, la composition ethnique qui était autrefois de 68 groupes ethniques, puis de 47 et finalement de 49 est une préoccupation importante pour le pays. Ces différentes ethnies sont généralement regroupées en trois grands groupes, qui différencient les Lao des groupes montagnards. Appartenant au groupe thai des langues thai-kadai, on retrouve tout d’abord les Lao loum (Lao du bas), représentant environ 55% de la population. Le deuxième groupe, appartenant à la famille austro-asiatique de langue môn-khmère, est celui des Lao theun (Lao des versants). Il rassemble 35 groupes ethniques et forme environ 27% de la population. Le dernier groupe, de langue hmong-mien, est celui des Lao soung (Lao des sommets) et compte pour 18%.6 Notons également une minorité chinoise et vietnamienne qui représente 1% de la population. Le Laos est un pays largement agricole; les activités liées à l’agriculture occupent les trois quarts de la population active. À cet égard, le clivage entre la population urbaine et rurale du Laos demeure largement significatif (21,2% de la population en ville contre 78,8% dans les campagnes). La coupure semble d’ailleurs claire entre le «Bas-Laos» et le «Haut-Laos», alors que la région peu peuplée des hautes terres, contrairement à celle des basses terres, se voit très mal desservie par les infrastructures de communication. Cela pourrait peut-être expliquer en partie l’impopularité de la migration en ville, phénomène que l’on observe fréquemment dans d’autres villes d’Asie du Sud-Est, telles que Bangkok. L’éducationLe système scolaire laotien a été, sous le protectorat français, influencé par la colonisation : la langue française a été enseignée comme langue véhiculaire, et la langue lao a été délaissée. Toutefois, en 1975, l’enseignement du français est devenu facultatif dans les écoles, et l’apprentissage de l’anglais a été de plus en plus valorisé. Mais, la France, qui continue toujours de subventionner le pays, désire que l’enseignement de sa langue soit encore présente dans le plus d’établissements possibles. De nos jours, l’enseignement se fait en lao, langue officielle du pays, et le système ne permet pas qu’il soit offert dans une langue autre, le français demeurant toutefois utilisé par les minorités nationales. La non-reconnaissance des autres langues est d’ailleurs problématique, car le lao était la langue maternelle, en 2002, d’uniquement 58,1% de la population. De plus, le financement de l’éducation par l’État n’est pas suffisant selon L’État du monde 2007 qui précise que les dépenses publiques en éducation représentent 2,4% du PIB. Ce sous-financement explique que les écoles ne jouissent que de très peu de ressources matérielles, lesquelles sont souvent offertes par diverses organisations. La situation dans les régions plus éloignées est plus difficile que celle dans les villes, car l’accès au lieu d’enseignement est un problème pour plusieurs ethnies qui vivent en montagne. Comme les langues autres que le lao, telles le thaï et le hmong, ne sont pas enseignées dans les établissements scolaires, la culture des ethnies n’est pas valorisée. En effet, plusieurs jeunes qui n’habitent pas en ville ne fréquentent pas ou très peu l’école La population analphabète, qui représentait 95% de la population juste avant la deuxième guerre mondiale, a considérablement diminué depuis. Malgré cette diminution, l’analphabétisme demeure de 23,0% chez les hommes et de 39,1% chez les femmes, tandis qu’il oscille entre 5% et 10% chez les voisins les plus proches, par exemple au Vietnam et en Thaïlande. La religion et la cultureLa religion officielle du Laos est le bouddhisme et elle est pratiquée selon la tradition theravâda par environ 58 % de la population du pays. Il faut noter que les dépenses rituelles sont importantes et qu’elles sont considérées par la population. Le citoyen, qu’il soit riche ou pauvre, doit présenter des offrandes aux moines qui vivent de la charité des autres et qui tentent de se détacher complètement du monde matériel. D’autre part, depuis 1975, la religion est étroitement liée au gouvernement par l’encadrement, entre autres, des moines bouddhistes par le ministère laotien de l’intérieur. «Le FLCN [Le Front lao pour la construction nationale] exige que les moines étudient le marxisme-léninisme, envoient des rapports hebdomadaires au ministre de l’intérieur, obéissent aux directives du Parti de l’État et enseignent un « bouddhisme revu et corrigé » par le Front lao pour la construction nationale. » Toutes ces restrictions donnent plus de pouvoir au politique, car, depuis 1975, le gouvernement communiste fait supporter quelques-unes de ses visions à la religion bouddhiste pour que le peuple les accepte mieux. L’animisme est également une religion importante dans cette région du monde. En fait, elle est la principale influence de toutes les religions de l’Asie du Sud-Est. Au Laos, environ 40 % des gens pratiquent une religion autre que le bouddhisme, de ce pourcentage, 33,6 % pratiquent des religions traditionnelles. Plusieurs manifestations religieuses présentent un syncrétisme qui lie des éléments bouddhistes à des principes animistes. Entre autres, lors du Pi Mai Lao, c’est-à-dire le nouvel an lao, les moines sont plutôt figurants qu’acteurs. Malgré certaines apparences, cette tradition païenne n’est pas inspirée de la religion bouddhiste, cette dernière étant arrivée sur le continent plus tardivement. Ainsi, même si le bouddhisme varie considérablement en Asie du Sud-Est, la trame animiste reste assez semblable partout dans la région. Finalement, les chrétiens et les musulmans, représentant pour leur part respectivement 1,8 % et 1 % de la population, font face à plusieurs difficultés dans la pratique de leur religion. Pour ce qui est de l’art, il puise essentiellement ses sources dans la religion, et presque toutes les pratiques artistiques sont ritualisées ou sont composées d’éléments religieux. L’architecture des temples, les sculptures du Bouddha et les danses traditionnelles sont tous des éléments qui lient art et religion. |
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