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XIENG KHOUANG (Laos) (AFP) — Ta Duangchom était sorti chercher de la
nourriture avec ses deux jeunes fils quand une bombe à sous-munitions a
explosé en face de lui, le privant de ses deux bras et d'un oeil.
Aujourd'hui, cet agriculteur de 39 ans du sud du pays communiste ne peut plus prendre en charge sa femme et ses sept enfants.
"Je
ne peux plus cultiver, je reste juste à la maison. Je ne peux pas aider
ma famille", a-t-il récemment expliqué à l'AFP, avant de rejoindre
Xieng Khouang, une province du nord, pour une conférence régionale sur
les bombes à sous-munitions. Tout repose désormais sur les épaules de
sa femme.
Au Laos, la "guerre secrète" menée par les Américains
pendant le conflit du Vietnam voisin fait encore des ravages plus de 30
ans après.
Pour combattre les forces communistes laotiennes mais
aussi la guérilla vietnamienne qui s'était retranchée dans le pays, les
Etats-Unis y ont mené près de 80.000 missions de survol dans les années
60 et 70.
Des bombes à sous-munitions, qui disséminent sur des
kilomètres des centaines de mini-bombes qui n'explosent elles-mêmes
souvent pas tout de suite et font des décennies plus tard encore des
ravages, ont été massivement larguées.
Les autorités laotiennes
estiment qu'un tiers des 260 millions de sous-munitions qui ont atterri
sur le territoire n'ont pas explosé. Selon elles, 10.500 personnes ont
été tuées et 11.500 autres blessées dans des explosions tardives depuis
la fin de la guerre en 1975.
Thoummy Silamphan, 19 ans, a perdu
une main dans l'une d'elles il y a 11 ans. Il coupait du bambou près de
sa maison. Il a par la suite dû se battre pour trouver du travail.
"Immédiatement
après l'accident, je me suis senti très différent des autres gens et je
me suis demandé si j'allais avoir une vie normale et si je serai
capable d'étudier", raconte-t-il. "Quand j'étais enfant, je voulais
être policier".
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